OUegoa

province nord

La découverte

« Nous atteignons le sommet du col d’Amos, quand mon souffle se coupe. « 

Coupez

des cocos fraîches

Cherchez

des tresors

Plongez

roches noires

Au Nord Est de la Grande Terre,

La clé rouillée reste bloquée dans la serrure. L’orage menaçant rend l’atmosphère suffocante.

En appui sur le bord de la portière, dans un équilibre approximatif, je me hisse au plus haut. Une perle de sueur chatouille le bord de ma tempe, je force pour la énième fois et CLIC ! 

Il se ferme enfin.

Ahhhhhh !!!

Ce n’est pas trop tôt !

Coffre de toit prêt.

-Maya, Enoha, on y va !

J’attache les petits à l’arrière et m’installe au volant.

Direction Voh.

Ce week-end, nous montons dans le Nord, côté Ouest. Nous n’avons jusqu’alors, pas dépassé Koumac.

Une demi-heure de route nous sépare du travail d’Oliv. Nous le prendrons au passage.

C’est un week-end férié en Calédonie, mais nous avons décidé de ne pas faire le pont.

Nous voici donc vendredi,15 h 30.

Destination POUM.

Heure d’arrive prévue:17 h 30

 

Ca, c’était la théorie initiale.

Mais, ce week-end, c’est aussi la foire à Koumac, ce week-end c’est la pleine lune, et ce week-end, le temps est capricieux …

Sur le parking,

Oliv arrive. Je descends. Un regard échangé, pas besoin de grand discours. Il pleut. La voiture est chargée. Hors de question de faire demi-tour.

Aloïs appelle.

Il est déjà dans le Nord et s’est arrêté au camping que nous visions.

-Kéjaon ?

-Full

-Le Bora, Bora ?

-Fermé

-Ouch…

-Je monte au relais de Poingam et je vous dis.

Nous sommes déjà à Kaala-Gomen.

J’attrape la carte et mes bouquins.

Option difficile à ce niveau : la route du nord sans autre camping, la transversale ou le demi-tour ?

Aloïs :

-Relais de Poingam full.

-Plan B, on redescend sur Poé?

Le GPS m’affiche 2 h 40, l’arrivée va être très tardive et les enfants en ont déjà assez.

J’annonce :

-Transversale. Ouégoa, 1 h.

J’appelle le camping, un très gentil mélanésien, me répond :

il n’y a aucun problème, il n’y a personne. Installez-vous ce soir, on se verra demain.

Je sais, à ce moment précis, tu te poses cette question: c’est blindé partout et là, il n’y a personne… ? 

Ouégoa,

est au nord de la Calédonie.

Pour être honnête, on n’a pas vraiment entendu du bien de ce petit village. Espérons qu’un plan C ne s’impose pas.

La route est vallonnée. Il pleut, certes, mais il fait très chaud.

L’été s’installe doucement. L’humidité alourdie l’atmosphère, les pluies s’accentuent.

On ne croise que très peu de monde. Les drapeaux kanaks sont très présents en bord de route.

A quelques jours du deuxième référendum, concernant la conservation de la Nouvelle Calédonie dans la République Française ou son indépendance, la tension se fait parfois sentir.

Nous arrivons au coeur de Ouégoa. Contre toute attente, se sont les drapeaux français qui sont majoritairement érigés. D’éloquents signes de la main nous sont adressés et le sourire des habitants récompense notre persévérance.

A l'aventure,

Nous cherchons le camping.

En Calédonie, rien n’est vraiment indiqué, il faut suivre les indications locales. Et si tu es né dans un petit village comme moi et Oliv, cela ressemble un peu aux explications des anciens. Celles que tu ne comprends jamais, mais auxquelles tu dis oui pour ne pas y passer trois heures.

-Mais si, c’est en face de chez tante Berthe, l’ancien voisin de mamie, qui habitait la grande maison rose. Son père avait un chien noir, il c’était marié avec la fille Dupont, ils avaient repris l’épicerie, lui il est conscrit avec Jo.

-Ah oui…

Non toujours pas, beh c’est ce qu’on a gentiment dit à ce Kanak super sympa. 

Après le poteau blanc, au terrain de foot, tu tournes à droite et c’est par là.

Quand tu as mon sens inexistant de l’orientation, tu laisses faire ton mari et tu essaies de distraire tes enfants qui ont fait des croques monsieur avec les pare-soleil.

Je propose une route à Oliv.

Il ne la prend pas.

Il a bien raison.

Bref, personne ne nous a jamais parlé du col d’Amos, mais nous l’avons grimpé jusqu’à surplombé l’océan et emprunté une piste menant aux confins d’une cocoteraie où les toutes dernières lueurs du jour nous attendaient.

Repos,

Il n’a finalement pas plu ce week-end là.

Les nuages ont caché le soleil, juste ce qu’il fallait. Après deux mois de vent à décorner les boeufs, Eole s’est calmé.

Oliv a coupé des noix de coco, j’en ai fait des bols.

Nous avons cueilli des citrons, Aloïs est parti plonger.

Nous avons rit, ramassé du bois, fait du feu.

Et puis le temps s’est arrêter.

C’est curieux d’aller ainsi quelque part, de ne rien savoir, de tout découvrir et d’aimer. De s’aimer soi, d’aimer la vie et de ce qu’on en a fait.

Nuit,

J’ai aimé Ouégoa et cette expérience.

Voilà pourquoi je conseille toujours de voir le monde de ses propres yeux, parce que ce que vous vivez lors de votre voyage définira l’amour que vous portez à cette destination.

La cascade de Colnett,

Lors de notre escapade à Hienghène, nous rebroussions chemin face à la pluie et abandonnions nos visites pour rentrer, au sec, à Koné.

Notre chance ne s’arrête pas là ce week-end, puisque nous sommes très bien placé pour passer de l’autre côté.

Nous longeons la côte Est, de Pouébo à Hienghène. Une route différente que nous empruntons pour la première fois. Nous roulons, au pas, en traversant les tribus.

Nombreux jardins fleuris et  bonjour incessant des habitants du coin.

La première partie de la matinée est dédiée à la cascade de Colnett. Suite à une petite marche, nous nous baignons dans les marmites.

Puis, c’est la traversée avec le bac de la Ouaième, dernier bac calédonien existant, permettant de relier une rive à l’autre, en quelques minutes.

Les enfants sont fans.

Nous accostons, et poursuivons notre route…

Fin de la balade.

Merci Ouégoa pour cette jolie parenthèse inattendue, merci de nous avoir accueilli en ces jours incertains où un destin commun (ou unique) se dessine en Nouvelle Calédonie…

Bon à savoir

Kite surfeur, ce coin est très venté !

Ouégoa côté fleuve et côté océan.

Explorateurs, d’anciennes mines d’or et de métaux précieux ont existés à Ouégoa

Le bac de la Ouaième et la cascade de Colnett sont gratuits

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